D'aller prier pour mon salut
Mathilde est revenue...
[...]
Mon coeur, mon coeur ne t'emballe pas
Fais comme si tu ne savais pas
Que la Mathilde est revenue
Mon coeur arrête de répéter
Qu'elle est plus belle qu'avant l'été
La Mathilde qui est revenue
Mon coeur arrête de bringuebaler
Souviens-toi qu'elle t'a déchiré
La Mathilde qui est revenue
Mes amis ne ma laissez pas, non
Dites-moi, dites-moi qu'il ne faut pas
Maudite Mathilde puisque te voilà
Et vous mes mains restez tranquilles
C'est un chien qui nous revient de la ville
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne frappez pas
Tout ça ne vous regarde pas
Mathilde est revenue
Et vous mes mains ne tremblez plus
Souvenez-vous quand je vous pleurai dessus
Mathilde est revenue
Vous mes mains ne vous ouvrez pas
Vous mes bras ne vous tendez pas
Sacrée Mathilde puisque te voilà
***
Et puis et puis
Et puis il y a Frida
Qui est belle comme un soleil
Et qui m'aime pareil
Que moi j'aime Frida
Même qu'on se dit souvent
Qu'on aura une maison
Avec des tas de fenêtres
Avec presque pas de murs
Et qu'on vivra dedans
Et qu'il fera bon y être
Et que si c'est pas sûr
C`est quand même peut-être
Les autres ils disent comme ça
Qu'elle est trop belle pour moi
Que je suis tout juste bon
A égorger les chats...
J`ai jamais tué de chats !
Ou alors y a longtemps
Ou bien j`ai oublié
Ou ils sentaient pas bon
BREL
Je pense à la brume du matin qui flotte, lourde, au dessus de l'herbe, l'âme de la Terre qui s'échappe. Sa respiration, sa chaleur de la nuit.
Je pense aussi à ce que ça sera après. Oui je sais, je suis terrible, je suis chiante et sans doute trop compliquée ou mal torunée dans ma tête ou peut-être que je ne sais pas apprécier le bonheur ou le regarder passer sans rien dire. Je flotte dedans, je le sens tout autour de moi et pourtant j'ai l'impression de ne pas y penser. peut-être que le bonheur est là : ne pas penser.
"Je pense donc je ne suis pas".
Vivre ou penser, éternel combat.
Je pense parfois à l'après, comme avant je pensais à ce qu'il n'y avait pas, à cet amour que j'attendais, aux frémissements, je me demandais ce que c'était d'aimer. Et aujourd'hui, je me demande avec désespérence en regardant les autres, les autres qui osent dire "ça fait 3 mois que je n'ai pas eu de copain, je suis en manque", je me demande ce que sera l'après. Je ne sais, si j'ai envie de savoir à l'avance et je ne parle pas de fin, je ne parle pas de désespoir, je parle juste de cet état de manque où l'on se retrouve parfois -toujours- quand on a goûté à quelque chose comme le chocolat, la musique, l'amitié, le rire, le plaisir, l'amour ou la confiture de lait, et qui nous fait souffrir quand on ne l'a plus. Je me demande comment ça sera avec Bryan quand on ne se connaitra plus, ou quand on se connaitra mais qu'on ne pourra plus se prendre de bras à bras, de corps à corps et être mêlés de cous, de bouches, de cheveux, de regards et de chaleurs. Je me demande juste si après, ça ne sera pas, juste, un grand vide, un grand rien à mourir, une trop grande tristesse à supporter après une virée dans les étoiles... Juste ça. le vide. O je me sens déjà tomber... Comment revenir, comme revenir de la guerre et ne plus savoir vivre, ne plus savoir comment c'était avant.
Avoir besoin, ne pas s'être rendu compte qu'on s'est habitué, trop, à l'autre, à son odeur et sa vue, sa beauté, ne pas se rendre compte que l'amour quand il est permis, on ne le voit pas, on ne sent pas comme il nous est indispensable... Avoir encore le droit de son odeur tout le temps dans ses draps et avoir droit à des bonjours et des messages d'amour, une attention qu'on perd un jour. Avoir droit à ce qui n'était pas avant, comment est la fin ? Et pourquoi tout à coup peut-on oublier ou s'obliger à ne pas écrire les mots auxquels on pense et qui sont inscrits dans nos bouches et nos têtes depuis des mois. Comment arrêter d'aimer ? Je me demande si le manque, le manque, le manque n'est pas terrible. Le vide.
"Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois remplir d'étoiles
Un corps qui tremble et tomber mort
Brûlé d'amour le coeur en cendres." J'arrive.